…, je jure aussi que j’aimais leur apprendre les participes passés conjugués avec l’auxiliaire avoir et qui s’accordent ou ne s’accordent pas selon qu’il fait jour ou nuit, selon qu’il pleut ou ne pleut pas, et les pauvres petits, hébétés, désemparés, parfois révoltés, me demandaient pourquoi ce participe passé s’accorde aujourd’hui à 16 heures alors qu’il ne s’accordait pas hier à midi avant la pause déjeuner, et moi je leur disais que ce qui était important dans la langue française, c’était pas les règles mais les exceptions, je leur disais que lorsqu’ils auraient compris et retenu toutes les exceptions de cette langue aux humeurs météorologiques, les règles couleraient de source et qu’ils pourraient même se moquer de ces règles, de la structure de la phrase une fois qu’ils auraient grandi et saisi que la langue française n’est pas un long fleuve tranquille, que c’est plutôt un fleuve à détourner…

« Verre Cassé » d’Alain Mabanckou

Et oui je l’ai enfin terminé pendant mon séjour germanique! En espérant que ce petit extrait vous donne envi de le lire! Allez hop j’enchaine avec Les Bienveillantes!